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Nathalie Vi-Tong Dirigeante de Mak-Yuen Salaisons

  • PROGRESSION

    À l'origine petite charcuterie artisanale, Mak-Yuen Industries est aujourd'hui une entreprise de 40 employés dont le chiffre d'affaires a atteint 9 millions d'euros en 2011. Le rachat de parts dans la société Sud Traiteur ouvre de nouvelles perspectives pour les années à venir.

  • INNOVATION

    Adapter les plats traditionnels réunionnais à base de porc avec la viande de poulet : un pari osé mais réussi, qui a distingué la charcuterie auprès des consommateurs.

  • DYNAMISME À L'EXTÉRIEUR

    Après quelques échanges à destination de supermarchés mauriciens, interrompus à cause de l'importance des droits de douane, Mak-Yuen Industries envisage de reprendre une activité exportatrice une fois l'entreprise Sud Traiteur opérationnelle, en proposant des conteneurs mixtes.

  • ENGAGEMENT CITOYEN

    Lorsqu'en 1994 la décision de déménager les locaux de la charcuterie est engagée, plusieurs propositions s'offrent à la famille Mak-Yuen. C'est la zone industrielle des Trois Mares, au Tampon, qui est choisie alors qu'à l'époque aucune entreprise n'y était encore implantée. «&nbsp;<em>Mon père est né dans ce quartier et il a tenu à ce que l'entreprise évolue ici et profite à sa ville natale.</em>&nbsp;»

FAIT VIVRE LA CHARCUTERIE PÉI

À la tête de l'entreprise familiale Mak-Yuen Industries depuis seize ans, son sens de l'anticipation et de l'innovation lui ont permis de d'amorcer les bons virages et d'insuffler une forte croissance.

Aînée d'une famille de quatre enfants, Nathalie Vi-Tong rejoint l'entreprise de ses parents à l'âge de 22 ans, lorsqu'elle finit son cursus universitaire en sciences sociales. À l'époque, la charcuterie Mak-Yuen n'est encore qu'une petite entreprise artisanale dont la croissance s'accélère avec le développement de l'import-substitution. En 1994, l'implantation de l'entreprise sur son site actuel, dans la zone industrielle des Trois Mares, au Tampon, marque son envolée. « Quand j'ai eu 28 ans, mon père a décidé de me laisser à la direction des affaires. J'ai eu cette opportunité et la chance qu'il ne prenne pas cette décision trop tard. Souvent, les transmissions entre générations se soldent par un échec car elles ne se déroulent pas au bon moment. J'ai appris au fur et à mesure le métier de chef d'entreprise tout en étant à l'écoute des conseils de mon père. » Aujourd'hui, chaque membre de la famille travaille au sein de l'entreprise, avec les 40 employés que comprend Mak-Yuen Industries. Société de salaison et de fabrication de produits charcutiers, la clientèle est principalement composée des collectivités de l'île et des grandes et moyennes surfaces. « Ce sont des marchés qui nous aident à avoir du travail régulier tout en évitant de craindre les factures impayées. »

SAVOIR SE MONTRER TRÈS RÉACTIFS

Nathalie Vi-Tong reconnaît que les décisions qu'elle prend ne font pas toujours plaisir à tout le monde. « Dans toute entre prise, il faut anticiper pour être réactif. Le métier de manager consiste à trouver l'équilibre optimal pour mener à bien sa société. Savoir prendre les mesures nécessaires, avoir le courage d'affronter les problèmes et dire ce qui ne va pas. » Anticiper les problèmes, le marché, mais aussi les attentes des consommateurs. Il y a douze ans, la charcuterie a ainsi adapté les produits traditionnellement faits à base de porc à des recettes utilisant le poulet. « Nous nous sommes rendus compte que les Réunion nais essaient de manger moins gras, qu'ils sont nombreux à ne manger ni porc ni boeuf, et que le poulet a pris la première place dans la consommation de viande des Français. Nous avons donc diversifier les recettes et adapté la charcuterie traditionnelle de porc à la volaille, dans le respect des croyances et des traditions de chaque ethnie. Pour les saucisses, par exemple, nous utilisons un boyau de mouton et non de porc. » Récemment, Mak-Yuen Industries est devenu actionnaire majoritaire de la société Sud Traiteur, afin de continuer à diversifier ses propositions en plats cuisinés tout en restant dans l'agroalimentaire. « Pour le moment nous remontons la pente car cette entreprise était en difficulté. Nous la lancerons réellement l'année prochaine. » Cette nouvelle activité pourrait conduire l'industrie à exporter ses produits en France métropolitaine. « Je reçois beaucoup de demandes, mais pour l'instant ce n'est pas rentable pour les métropolitains qui veulent revendre nos produits car nous les envoyons par fret aérien. En regroupant les produits des deux sociétés, nous pour rons faire des conteneurs mixtes. »

« J'entends encore des remarques sur les capacités des femmes à cumuler vie de fa mille et vie professionnelle, alors qu'elles sont assez fortes pour mener à bien les deux. J'ai eu trois enfants, sans pour autant les négliger ou mettre en danger mon entre prise, bien au contraire. Il faut se consacrer à chaque chose avec autant d'intensité et d'amour. » Les mentalités évoluent progressivement, mais Nathalie Vi-Tong regrette le faible pourcentage de femmes réunionnaises à la tête de sociétés. « Les femmes ont plus d'anticipation et une vision différente des affaires, qui est peut-être plus juste ! »

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