Nominés

Année 2017

Carol Derand

  • PROGRESSION

    Depuis trois ans, une croissance moyenne de 10% par an à travers une présence aux quatre coins de l’île et un site internet performant. De quoi réaliser un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros en 2016. Le groupe de Carol Derand occupe le leadership dans les formations en sécurité et gardiennage et, globalement, figure parmi les trois principaux acteurs privés dans le secteur de la formation. Le groupe s’est également diversifié dans la promotion immobilière.

  • INNOVATION

    Une recherche pédagogique intense permet d’anticiper les besoins du marché comme, par exemple, avec la formation d’agent de propreté et d’hygiène. Des outils d’évaluation des stagiaires ont été créés en interne. Un partenariat vient d’être signé avec l’agence de travail temporaire Profil OI qui emploiera des gens formés par One 2 One, ce qui est un bon moyen de viser leur insertion.

  • DYNAMISME À L'EXTÉRIEUR

    Administratrice du Club Export, Carol Derand regarde au-delà de son île natale. Elle souhaite trouver des partenaires à Maurice pour y développer la formation dans le secteur de la sécurité (l’une de ses spécialités) où elle a constaté des besoins pour une montée en gamme.

  • ENGAGEMENT CITOYEN

    Carol Derand est à l’origine de la création en 2017 du FOR, le syndicat des organismes de formation privés. Pour soulever notamment le problème de la répartition du marché entre acteurs publics et privés. Elle est membre d’EFOIR (Entreprendre au féminin océan Indien) et a été conseillère prudhommale pendant sept ans. Dans son entreprise, la dématérialisation est à l’ordre du jour et les stagiaires en formation ne sont plus inondés de papier. Des modules développement durable sont intégrés à certaines formations. Dans son activité de promotion immobilière, elle a toujours privilégié le « bâti tropical » et le bâtiment de son nouveau quartier général est certifié HQE (Haute qualité environnementale).

    CAROL DERAND DANS LE TOP 3 DES ENTREPRISES DE FORMATION
 
Depuis vingt-cinq ans, cette Réunionnaise a bâti, sans faire de bruit, un véritable groupe dont l’entreprise phare est One 2 One. Une réussite qui repose sur la passion d’entreprendre et la capacité à se remettre constamment en cause.
 

« Être entrepreneur aujourd’hui en France, c’est un acte d’héroïsme car on est responsable de tout… De la santé à la sécurité. Et l’on fait office de collecteur pour l’État. On doit investir énormément pour se border. » Carol Derand, dont l’organisme de formation est contrôlé régulièrement par les services des Impôts (comme tous ceux qui ont une taille importante), sait de quoi elle parle. Ça fait vingt-cinq ans qu’elle accomplit cet acte d’héroïsme, ayant commencé à l’âge de 27 ans. S’agit-il d’un cas flagrant de masochisme ? Plutôt une passion, un virus qui est survenu alors que rien ne l’y prédestinait. « Je viens d’une famille d’enseignants, explique-t-elle. Mais j’ai eu envie de faire ce que je voulais, d’être libre. » Elle avoue se sentir bien dans son entreprise et avoir du mal à déconnecter. Ce qui ne l’empêche pas de préserver sa vie personnelle et de trouver du temps libre pour se ressourcer.

LA SOIF D’INDÉPENDANCE

Après avoir suivi ses études secondaires au lycée du Tampon et obtenu une bourse, elle s’envole pour la France métropolitaine, suivre des études supérieures en administration économique et sociale à Aix en Provence et s’engager dans le cursus qui conduit à l’expertise-comptable. Mais elle s’arrêtera en chemin, ne se sentant pas une vocation pour ce métier. Elle passera quand même quatre ans à Aix sans voir ses parents et se débrouillant au mieux en vendant des fleurs au marché ou en travaillant chez Quick durant ses études. Une volonté d’être indépendante et, à son retour à La Réunion, elle est fière d’annoncer à son père qu’« à partir de maintenant, elle ne lui coûtera plus rien ». La voilà effectivement commerciale en 1986 chez Ltd Communication, pionnier de la téléphonie mobile, avant de faire un passage chez RFM (la radio). Elle travaille ensuite pendant deux à l’ARIFOC, association de formation liée à l’union patronale COLIER (ancêtre du MEDEF à La Réunion). Ce monde de la formation la captive. « On ne s’y s’ennuie jamais, il y a des réformes sans arrêt. » Et c’est donc ce secteur qu’elle choisira pour se lancer dans l’aventure entrepreneuriale en 1992, s’intéressant à tous les segments de marché avec One 2 One et Tremplin, l’entreprise sœur qui se focalise davantage sur l’insertion. Leader dans les formations en sécurité et le gardiennage, elle est aussi très présente dans les formations en hygiène alimentaire, en secourisme, en équipiers de première intervention, en agents de propreté et d’hygiène et en habilitation électrique, sans oublier un pôle tertiaire. Elle ne souhaite délaisser aucun public et joue la carte de la proximité en étant présente aux quatre coins l’île. De quoi accueillir pas moins d’un millier de stagiaires chaque année.

NE JAMAIS VIVRE SUR UN ACQUIS

Avec une vingtaine de salariés (en équivalents temps plein) et une quarantaine d’indépendants, Carol Derand dynamise son pôle pédagogique et a mis en place des outils spécifiques d’évaluation des stagiaires. « Les financeurs sont très exigeants et ont besoin de voir où ils mettent leur argent. » Elle s’efforce d’avoir toujours une longueur d’avance en anticipant les besoins du marché. Son organisme de formation a été ainsi l’un des premiers à recevoir en 2006 l’agrément pour le diplôme d’agent de propreté et d’hygiène. Une formation qui s’adresse à des publics à faible niveau scolaire constituant le gros du bataillon des chômeurs. « Mais je ne vis jamais sur un acquis. Je prône la remise en cause perpétuelle et, chaque année, je dis à mes équipes qu’on démarre l’année à zéro. » Il faut d’ailleurs s’adapter aux réformes et développer l’information. Pour cela, son site internet, actualisé en permanence, accueille quelque 14 000 visiteurs par mois. Sans compter l’usage de Facebook. « Chez nous, la consigne c’est de répondre à un devis en 48 heures maximum. De nos jours, les gens ne veulent plus attendre. » Ce travail imposant dans la formation ne l’a pas empêché de se diversifier dans la promotion immobilière (habitations et bureaux) et d’édifier en janvier 2016 son nouveau quartier général à la Technopole, à Saint-Denis. Pas moins de 2 500 mètres carrés avec un bâtiment HQE (Haute qualité environnementale) conçu par l’architecte Pierre Rosier et construit par la GTOI. Un vaste espace formation répond à ses besoins, et elle propose aussi des salles en location. Mais la formation demeure son métier principal, fournissant la plus grosse part d’un chiffre d’affaires qui a atteint 3 millions d’euros en 2016. Et pourtant, le marché devient de plus en plus difficile pour les structures privées, ce qui explique son engagement dans la création en 2017 du FOR, le syndicat des organismes de formation privés. « J’étais dans d’autres syndicats, mais ils n’osaient pas dire les choses. Le principal problème aujourd’hui, c’est la répartition du marché entre le public et le privé. Depuis quelques années, on voit une baisse significative des formations confiées au privé. » Elle attend beaucoup de la prochaine réforme, souhaitant qu’elle puisse permettre aux privés de faire de l’apprentissage. « On aurait alors des taux d’insertion énormes. » En attendant, elle innove une fois de plus en ayant passé en 2017 un accord avec Profil OI, une agence de travail temporaire présente sur le marché depuis vingt-cinq ans également. « Ce partenariat crée une dynamique d’insertion. Profil OI emploie des gens que nous formons. Et dans l’intérim, très souvent, quand ça se passe bien, les gens sont embauchés. »

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