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Yan Rivière

  • PROGRESSION

    L'animal fétiche de Gaïa est le panda, un clin d'œil à ses fournisseurs chinois, et aussi parce que c'est sympa, un panda ! En tous cas, celui-ci a grandi très vite : le chiffre d'affaires est passé de 300 000 euros la première année (2009) à 1,2 million en 2010, 3 millions en 2016 et 10 millions en 2017. Une performance remarquable, surtout quand on sait que l'activité est directement liée à celle du BTP, qui est en proie aux difficultés. Mais attention, le chiffre d'affaires, ce n'est pas le résultat. « Au début, on ne se payait pas », précise Yan Rivière. Le chiffre d'affaires 2018 (prévisionnel) devrait approcher les 11 millions d’euros.

  • INNOVATION

    Gaïa n'a pas inventé l'eau chaude mais a mis au point un chauffe-eau connecté qui permet, via une appli sur son smartphone, de piloter son installation. Car elle est connectée au soleil mais également au réseau EDF, pour palier les épisodes nuageux. L'appli permet de faire en sorte que tout le monde bénéficie d'une douche chaude. Et en cas de dysfonctionnement, une alerte prévient le client et celui-ci peut faire intervenir l'équipe de dépannage de Gaïa dans les meilleurs délais.

  • DYNAMISME À L'EXTÉRIEUR

    Yan Rivière est membre du Club Export et a sondé des marchés comme la Tanzanie et l'Afrique du Sud. Mais les normes techniques sont différentes, le coût de la main d'œuvre également. Gaïa se situe au top européen, mais cela a un coût. « Ce qu'on peut exporter, par contre, c'est notre savoir-faire au niveau de la conception et de la mise en œuvre. À la Réunion, nous avons un contexte économique particulier : le tarif EDF est fixé au niveau national. Ce n'est pas le cas dans d'autres pays et cela a comme conséquence que nos installations peuvent s'amortir beaucoup plus rapidement dans ces pays où l'énergie est plus chère. »

  • ENGAGEMENT CITOYEN

    Gaïa mise sur son personnel en proposant des salaires intéressants, 30 % plus élevés que dans certaines autres entreprises du secteur, et un intéressement, « car la richesse doit se partager ». Ce n'est pas quelque-chose que Gaïa met en avant, mais l'entreprise soutient de nombreuses initiatives, comme par exemple les clowns qui rendent visite aux enfants hospitalisés.

Gaïa, du nom de la divinité fondamentale dans la mythologie grecque, est spécialisée dans la production d'eau chaude solaire et le photovoltaïque et fête ses 10 ans en 2018. Un beau parcours qui n’a pas été un long fleuve tranquille.
 
Par Ignace de Witte - ignacedewitte@ecoaustral.com
 
Pour Yan Rivière, co-fondateur et dirigeant de Gaïa, la crise dans le BTP a forgé son mental et c'est peut-être même grâce à ça que l'entreprise est ce qu'elle est aujourd'hui. « Nous étions trois anciens salariés qui voulaient vivre autre chose. Nous ne nous sommes pas posés trop de questions, nous n’avons pas vraiment fait d'étude de marché, nous avons prospecté pour trouver des fournisseurs et nous les avons trouvés en Espagne. En fait, nous voulions travailler avec des fournisseurs locaux, mais les tarifs qu'ils nous proposaient indiquaient clairement qu'eux ne voulaient pas travailler avec nous ! »
Très vite, les trois associés « remontent la filière » et vont s'approvisionner en Chine, auprès de l'entreprise qui livre leur fournisseur espagnol, ceci grâce à un Français installé en Chine. Yan Rivière a une formation d'ingénieur (Université Montpellier 2, Université Paris 12 Val de Marne) et porte donc un regard technique. « Notre fournisseur chinois est un très gros acteur du secteur, il fait de gros volumes, possède une usine ultra-performante et produit selon les normes européennes. »
Au début, Gaïa ne travaillait que pour les particuliers et proposait des chauffe-eau solaires et des installations photovoltaïques. Le gouvernement ayant décidé en 2010 de changer son fusil d'épaule en ce qui concerne le photovoltaïque, Gaïa a concentré ses forces sur les chauffe-eau, avec une approche d'hommes de terrain (car à leurs débuts, les trois associés enfilaient la tenue de travail et montaient sur les toits pour poser le matériel).
Grâce à son service de R&D, Gaïa se fait livrer, de ses fournisseurs chinois et européens, des modules qui sont de plus en plus plug & play, de sorte que la cadence d'installation est passée de un chauffe-eau par jour à trois par jour avec la même équipe de deux ou trois personnes. Et actuellement, les différentes équipes réalisent une dizaine d'installations par jour, soit entre 250 et 300 par mois. Gaïa est aidé par le fait que les toits réunionnais sont presque tous identiques, à 90 % aux normes (espace entre les pannes, fixations, etc.) et pour gagner du temps à la pose, dans la maintenance et le remplacement, Gaïa fait fabriquer ses propres rails de montage et les chauffe-eau sont pré-montés en atelier.
 
INTER : La relance du photovoltaïque
Depuis ses débuts, l'entreprise a évolué à plusieurs niveaux. Des actionnaires sont partis, d'autres sont arrivés. Ils sont actuellement trois associés principaux : Yan Rivière (depuis la fondation en 2008), Benoît Hoareau (depuis 2009) et Thibaut Rebelle (depuis 2014), avec à leur côté le gestionnaire de fonds Apicap.
Depuis 2012, Gaïa est organisé en holding en chapeautant trois SAS : Gaïa Énergies Nouvelles, Gaïa Services et Prospective et Gaïa Photovoltaïque.
Des salariés ont été embauchés. « Je me rappelle la première, c'est Audrey, c'était un pari risqué, nous n’étions pas vraiment sûrs de pouvoir la payer, mais cela s'est avéré le bon choix, elle a pris en charge la partie administrative et nous avons pu nous développer dans notre métier. Aujourd'hui, Gaïa, ce sont 90 salariés, tous en CDI (contrats à durée indéterminée – NDLR). »
En 2016, Gaïa a relancé l'activité photovoltaïque qui avait été mise en sommeil en 2010, avec des packs à partir de 4 500 euros (après déduction de l'aide de 6 000 euros de la Région pour les installations avec batteries). « Ce ne sont pas des produits d'une très grande technicité, les batteries sont de type gel-plomb, mais ce sont des installations robustes, particulièrement bien adaptées au milieu tropical et qui fournissent 3kW crête. »
On parle de plus en plus de voitures électriques à La Réunion et Yan Rivière a une position intéressante à ce sujet. « Il faut raisonner en euros : si on économise 200 euros le jour avec son installation photovoltaïque et qu'on dépense 200 euros la nuit pour recharger sa voiture sur le réseau EDF, la recharge est gratuite. » Mais vouloir investir dans une station de recharge solaire n'est pas financièrement intéressant pour un particulier.
2016 est également l'année du déménagement de Saint-Pierre vers la ZAC Portail à Saint-Leu, dans des bâtiments dessinés par un architecte local, qui a privilégié la qualité de vie au travail, avec notamment trois terrasses et du bois partout.
Autre évolution importante : Gaïa ne limite plus son activité au seul marché des particuliers mais répond aux appels d'offres et compte parmi ses clients les principaux bailleurs sociaux, de même que certains grands établissements hôteliers (Palm, Iloha, etc.).
L'avenir, c'est la poursuite de la pose de nouvelles installations mais aussi la maintenance du parc existant qui devient une activité à part entière. « On remplace les cuves des premiers chauffe-eau que nous avons posés il y a dix ans, car le matériel a évolué, il est aujourd'hui mieux adapté au climat tropical. »
 
 
 

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